Carnet de route

QUAND T’AS UN RESSORT DANS L’CUL

Des fois, dans la vie, il se passe pas grand chose. Bah si, il se passe pas toujours des trucs de ouf dans la vie de tous les jours t’es d’accord quand même ? Et puis ya des fois, elle est faite de tellement de rebondissements que tu ne sais même plus toi même dans quelle direction regarder bordel !

Mi-août, je quittais mon travail à la crêperie pour partir en Nouvelle Zélande. Ce qu’il y a de comique dans cette situation, c’est que j’ai réalisé que je faisais exactement les mêmes pays qu’il y a 4 ans, mais dans le sens inverse cette fois-ci… 2014, j’ai fait NZ, Australie, Thaïlande et Japon, et depuis 2017, j’ai fait Japon, Thaïlande, Australie, et NZ… Euh… What’s the fuck Julie ?? Bon ok, il y a quand même eu Hawaï entre 2, mais quand même. Bon ok, je suis aussi retournée dans les mêmes pays parce que cette fois ci, j’avais des visas, mais quand même !! Et la Thaïlande, j’y suis retournée parce que j’avais pris un billet multi-destination lors de mon retour en France en octobre 2017, et que Bangkok s’est avéré être la destination la moins chère… Ok, mais QUAND MÊME !!!

Pour la NZ, j’y suis retournée pour rendre visite à ma cousine Lucie et son mari Leon, ainsi que Theresa (de Matsuyama l’été dernier). Mais j’y ai aussi revu Stéphane et Tanguy, respectivement du Japon et de Wellington, il y a 4 ans. Et tu sais quoi, et bah c’était super cool ces retrouvailles. Même les retrouvailles avec Wellington ont été chouettes ! J’y ai vécu 7 mois de 2013 à 2014, et y remettre les pieds était en même temps étrange et génial. J’en ai profité durant mon séjour pour aller tout au nord de l’île du nord, chose que je n’avais pas faite à l’époque, pour aller vers Pahia, et Cape Reinga.

Je suis retournée manger des crêpes là où je bossais avant, et comme le monde est tout petit petit en fait (sisi), et bah j’ai même fait la connaissance de Pierre qui y bosse. Il est de Nantes et fait partie comme moi du même groupe privé sur facebook « Jette toi àl’eau ». Si ça c’est pas dingue !

J’ai eu les boules de ne pas pouvoir revoir mes anciens colocs. Ils étaient en Russie (ou en Allemagne, je sais plus). Elle, Liza, est Russe, et il, Konrad, est Allemand. Ils se sont mariés il y a 3 ans et ils ont eu une petite fille cette année, Zoé. Ça aurait été tellement cool de les revoir… Mauvais timing quoi ! Mais je garde espoir, ils reviennent régulièrement en Europe !

J’ai aussi eu les boules avec mon ancien manager Thomas, à Auckland, qui ne s’est pas donné la peine de me dire les jours où il bossait histoire d’éviter que je ne me déplace pas pour rien. Ah bah si, je me suis déplacée pour rien, et j’ai perdu des tunes. Merci Thomas, c’est sympa. T’aurai au moins pu avoir la décence de me mentir si tu ne voulais pas me revoir. Mais bon, c’était surtout juste la preuve que tu t’en battais les couilles. Qu’à cela ne tienne, ce n’est finalement pas une grosse perte.

Puis je suis revenue à Melbourne où je suis restée de nouveau 15 jours.

2 semaines ou j’ai/je me suis:

  • revu Matt et Amelia (mes colocs), ainsi que Godelaine (mon ex manageuse)
  • passé un moment en compagnie d’Australiens
  • fait un nouveau tatouage (oui oui, encore un), et refait des tresses dans le salon de Kristina à Footscray
  • été au théâtre avec Alex voir une pièce d’horreur trop stylée
  • été dans mon bar préféré à Yarraville avec des potes (là où j’ai chanté)
  • fait une session ciné en solo (parce que la cinéphile que je suis était en manque)
  • rencontré Denise à Geelong, du projet Avatar (un programme de développement personnel)
  • passé du temps avec Michael-Angelo, un de nos clients chouchous de la crêperie
  • enfin testé le Pancake Parlor
  • pris mes billets d’avion pour la suite de mon voyage
  • finalement dit au beau gosse de la rue où je bossais à quel point je l’avais toujours trouvé trop beau… (défi lancé par Astrid, je l’ai enfin fait!)

J’étais censée aller sur la côte est en me cherchant un bénévolat et puis j’ai fini par me dire « Fuck ! Je vais surtout me chercher m’en chercher un qui me plaît peu importe où il est ».

Ouais bah c’est bien gentil, mais j’ai un peu pas pensé que l’Australie, c’est pas le Japon ou même la Nouvelle Zélande et que les distances d’une ville à une autre ne se font pas juste en 10h de car… Donc non, je n’avais pas prévu que le billet pour Perth soit si cher, car soit dit en passant, Perth serait la ville la plus isolée de l’Australie de l’ouest.

Et ouais ça t’en bouche un coin ça, hein ? Et non, s’il te plait, ne me réponds pas « c’est ton cul qui me bouche la vue », on me l’a déjà faite celle ci, merci.

Donc ouais, comme tu le sais, j’avais trouvé un bénévolat dans cet Ashram à Fremantle du côté de Perth, et du coup au lieu d’aller du côté est comme c’était initialement prévu, et bien je suis allée du côté opposé.

Je réalise, en écrivant, que de toute façon, depuis que je voyage, partir dans le sens inverse de là où j’étais supposée aller à la base est l’histoire de ma vie. Combien de fois je me suis paumée en voyage en prenant la mauvaise direction… Ça m’est encore arrivée plusieurs fois à Melbourne en prenant le tram dans le mauvais sens, et en me retrouvant je ne sais pas où à 23h du soir…

Donc bref, je suis allée de l’autre côté comme tu l’as compris.

Et puis sur un coup de tête, et puis aussi parce que j’en avais marre de réfléchir à ce que je pourrai bien faire sur la côte ouest du pays après mon bénévolat (et pourtant, ce ne sont pas les choses à faire qui manquent, mais je n’ai pas réussi à faire un choix…), et bah j’ai décidé de me casser carrément du pays tiens, et d’aller à Bali pourquoi pas! Je voulais aller à Java à la base (toujours en Indonésie), mais c’était plus cher, donc j’ai choisi Bali.

Ah, Bali, Bali, Bali….Qu’est ce que tu es bruyante putain ! Et la circulation chez toi, on en parle ou pas ? A croire que c’est dans tous les pays d’Asie que c’est n’importe quoi comment vous roulez. Après 20 min sur mon scooter, je me suis dit que ce n’était peut être pas l’idée du siècle… Et puis pour me challenger un petit peu plus, ce n’était pas seulement ma vie qui était en jeu, mais aussi celle de ma pote Edes, retrouvée ici plus ou moins par hasard. Elle est drôle cette meuf ! Je suis vraiment contente de l’avoir revue et d’avoir pu partager un bout de nos voyages solo respectifs ensemble. Elle est pas un peu chelou cette phrase?

On s’était rencontrées au Japon l’année dernière à OEH à Osaka. Elle a quitté le Japon pour voyager elle aussi.

Au bout du compte, je ne nous aurai pas tué toutes les 2, par contre plus jamais ô grand jamais je ne reconduirai de nuit à Bali. Là, c’était flippant ! D’une, on voit rien (même avec les lumières du scooter), de 2 la route empruntée était vraiment merdique de jour, alors de nuit, je te raconte pas… Et de 3, merci bien tous les moucherons que je me prenais dans la gueule, putain ! Ok, les rizières de Jatiluwih étaient magnifiques et en valaient grave le coup, mais quand même, la prochaine fois (note pour plus tard), penser à y aller plus tôt que ça dans la journée… J’ai pas juste conduit 30min en scooter hein, là je te parle de plus de 3h aller-retour.

Les voyages, ça va aussi avec son lot de galères sinon, c’est pas marrant. Edes s’est fait mordre/griffer par un singe à Ubud, et n’était pas vaccinée… J’ai cru que j’avais chopé la tourista… Je fais officiellement des réactions allergiques soleil/sueur sur le visage au niveau des lèvres… J’ai eu l’oreille droite bouchée pendant 2 semaines avant de finalement me décider à aller voir un médecin en rentrant en Australie, et j’ai eu mon premier vrai tremblement de terre lors de ma 2ème nuit sur l’île tant qu’à faire…

De Bali, j’ai fini par atterrir à Brisbane, où j’avais à la base loué une voiture pour 1 semaine pour me faire un petit road trip et descendre le long de la côte jusqu’à Melbourne. Mais bon, bah en fait je l’ai pas fait, parce qu’une fois arrivée à l’agence, je le sentais pas donc j’ai tout annulé. Et là ça a été le début d’une longue réflexion de ouf, sur où j’allais aller, comment j’allais y aller, et quand j’allais y aller.

Putain, ça m’a saoulé ! J’ai fait que ça réfléchir.

Mon but en allant sur la côte est, était avant tout et surtout d’aller à Nimbin pour rencontrer Jean Marie. Lui et moi, on avait « fait connaissance » quand j’avais partagé la page facebook du blog sur différents groupes, il y a de ça plus d’1 an et demi. Il m’avait alors dit que si je passais un jour à Nimbin, que je serai la bienvenue. Tu dois le savoir maintenant, mais il faut faire attention avec moi à ce que tu dis, ça ne tombera jamais dans l’oreille d’une sourde… Pas question donc de quitter l’Australie sans le rencontrer et aller à Nimbin. Ça a toujours fait partie de mes plans bien avant d’arriver dans le pays.

Comme il ne me restait qu’une semaine avant de quitter l’Australie, et que je devais être dans le week end à Melbourne pour revoir Matt et Amelia (mes colocs), et rencontrer leur petite fille (car oui elle a accouché ^^), ça a été une putain de prise de tête pour l’organisation de cette semaine qui s’est faite à l’arrache.

Bien que cela aura été très court, j’ai réussi à faire ce que je voulais : Brisbane, Gold Coast, Byron Bay et bien entendu le plus important, Nimbin ! J’y aurai passé 2 jours en compagnie de Jean Marie. Cette rencontre a été complètement folle, inattendue, mais surtout, surtout inoubliable…. Je ne m’attendais certainement pas à ça en allant rencontrer cet inconnu qu’au final je ne connaissais pas… Et je suis partie de ce tout petit village hippie (où la marijuana est légalisée au passage), en me faisant un ami pour la vie… Une rencontre magique… Et sans m’en apercevoir, ni même m’y attendre, je me suis retrouvée les larmes aux yeux à l’aéroport, triste de déjà lui avoir dit au revoir…

Et me revoilà de nouveau à l’aéroport de Melbourne le samedi 27 au soir, aéroport que je commence à très bien connaître désormais… Il me restait 48h à Melbourne avant de reprendre l’avion pour quitter cette fois pour de bon le pays. Rachou (mon ex manageuse) m’a donc hébergé 1 nuit, et j’ai passé la fin de mon week end avec Amelia et Matt à Torquay (ouais je sais, ça te parle pas du tout cette ville pas vrai?). J’ai fait la connaissance de baby Daisy Grace Hall, et putain je peux te dire qu’elle est trop trop belle… Je suis vraiment contente d’avoir pu les revoir avant de partir. En même temps, je me suis fait partir de Melbourne exprès pour m’obliger à y retourner et ainsi être sûre de pouvoir les revoir. Ils vont beaucoup me manquer. J’ai vraiment eu de la chance de tomber sur des colocs aussi cools.

Et voilà, c’est la fin de mon working holiday visa en Australie… Après mon dernier rdv avec ma thérapeute (oui oui, tu as bien lu, et non, je ne t’en avais pas parlé jusqu’à présent) et chez le médecin pour mon oreille le lundi, il ne me restait plus que quelques heures à attendre avant de me rendre (encore) à l’aéroport pour cette fois-ci m’envoler direction le Cambodge !

Je ne vais pas te mentir, cette ville va me manquer, je l’aime beaucoup. Et c’est bien normal après presque 1 an. Être à l’aéroport en sachant cette fois qu’il n’y aura pas de retour a été différent. Tu veux savoir si j’ai chialé ? Franchement, entre toi et moi, tu me connais maintenant ? Tu sais que je suis une putain d’émotive. La question ne devrait même pas te venir à l’esprit…

Melbourne, je t’aime fort, toi, et tous les gens que j’y ai rencontré (enfin, peut être pas tous, je suis pas non plus un putain de bisounours).

J’ai envie de te dire de prendre soin de toi, mais euh… Comment dire, tu n’es pas une personne quoi merde ! Alors je te dirai simplement de rester telle que tu es, une ville super cool où il fait bon vivre. Et rien à foutre des rabats-joie qui la ramène pour dire que tes trams sont old school et lents. Le vintage, ya rien de mieux !

Reste comme tu es Melbourne, tu me manqueras… ❤

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Crêpes et voyages

VIS MA VIE: DANS UN ASHRAM

Comme tu me suis sur ma page facebook (bien entendu), tu te rappelles que je t’avais fait un rapide topo de là où je me trouvais ces derniers temps, car depuis fin septembre, je bouge pas mal en fait. De Perth à Bali, puis de Brisbane à Melbourne, et dernièrement, j’étais de nouveau en transit pour rejoindre ma nouvelle destination, le Cambodge !

Prendre autant l’avion me fait aussi réfléchir depuis l’année dernière sur mon impact écologique je dois t’avouer… Je pense sérieusement à revoir ma manière de voyager à mon retour en France. Mais ça, c’est un autre débat !

Je t’avais dit aussi que je te parlerai en temps et en heure de mon expérience dans un Ashram. Et bien voilà on y est. Lève la main si tu sais ce que c’est ?! Je n’en avais aucune idée avant d’y aller. C’est quand j’étais encore à Melbourne et que je cherchais un volontariat à faire en Australie, que je suis tombée sur leur profil sur le site de workaway.

A première vue, l’Ashram où je devais me rendre à Fremantle sur la côté ouest (vers Perth) ressemblait à une grande maison un peu à l’écart de la ville, où je devrais faire de la méditation pendant 1h tous les matins, pratiquer le yoga et ce qu’ils appellent le karma yoga (les différentes tâches à faire pour les volontaires), participer à des cérémonies en chantant des mantras, assister à des groupes d’étude en soirée, et faire « voeu » de silence à partir de 21h le soir, pour mieux réfléchir à la journée écoulée et pouvoir se retrouver avec soi-même.

Un endroit en somme, où prendre le temps de faire une pause pour réfléchir sur sa vie, le sens que l’on souhaite lui donner, grandir spirituellement parlant, et trouver davantage de paix et de sérénité en soi-même. Du moins, c’est comme cela que je le définirai. Chaque Ashram a son histoire et son nom propre. Celui-ci s’appelle « The Sivananda Ashram Beacon Yoga Centre ».

De ce que j’ai compris, ce serait Swami Sivananda qui aurait dit à Swami Venkatesananda d’ouvrir un Ashram à Perth en Australie. Je ne vais pas partir dans des explications de ouf pour te raconter tout ça, je n’ai moi même pas eu toutes les informations. Ce que je peux te dire en revanche, c’est que le mot « Swami » est un titre honorifique qui signifie en sanskrit: celui qui sait, qui est maître de lui-même. Voilà, tu sais tout ce que je sais. 😉

Tout le monde peut y aller, sans distinction d’ethnie, de religion, d’âge, de sexualité et j’en passe. C’est un aussi un lieu non-sectaire sans religion ou gourou.

Donc non, je ne suis pas allée chanter nue dans les bois en proclamant ma foi et mon amour pour le gourou de ma secte ! 😉 T’es déçu(e) ?

D’ailleurs en fait, Ashram est un mot en Sanskrit, qui veut dire « lieu d’effort spirituel et physique ». Le Sanskrit, pour te dire ce que c’est, c’est une langue Indo-européenne.

Ouais ouais, j’ai appris pleins de choses là-bas, mais là en fait c’est google…

Et bah, tu sais quoi ?! Je peux te dire qu’après 2 semaines passées là-bas, ça m’a fait carrément du bien putain! Et que si j’avais pu, j’y serai restée plus longtemps. Mais ils n’avaient plus de place, alors je suis allée à Bali à la place (ohhhh… too bad….).

Ça a été super intéressant de vivre là-bas pendant 2 semaines et d’expérimenter des choses totalement nouvelles. Genre, assister à une cérémonie de pleine lune, en chantant des mantras et jetant des trucs dans le feu, ou encore participer au « sound healing » (désolée, je sais pas du tout ce que c’est la traduction en français), ou encore les soirées chants du dimanche soir.

Bon, j’ai pas non plus été qu’en mode spirituel, hein faut pas croire. Je me suis aussi tapée des bons fous-rire avec les autres volontaires et les résidents. Celui qui m’aura le plus marqué, c’est celui avec Andrea pendant la soirée chant… Comment te dire à quel point c’est chaud, mais vraiment chaud, quand tu commences à te taper un fou-rire nerveux mais que tu es obligé(e) de l’étouffer parce que tu ne peux clairement pas éclater de rire à l’endroit précis où tu te trouves… Plus je regardais Andrea et je l’entendais contenir son rire et plus je me cachais dans mon pull pour tenter de me calmer, souffler, et contrôler moi-même mon fou rire… Putain, c’était chaud ! Je m’en souviendrai de celui-là.

Je l’ai souvent dit, enfin je crois… Faire du bénévolat dans les pays où je passe est toujours un super moyen d’aller vraiment à la rencontre des locaux. Parce que clairement, des Australiens, et bien je n’en ai pas rencontré beaucoup au final. Et en même temps, ce n’est pas si facile que ça. On peut rencontrer des Australiens, mais tenter d’établir une vraie connection avec eux, voir même une amitié, et là, ça devient plus compliqué.

J’ai régulièrement eu cette conversation avec des potes ou des gens que j’ai rencontré en voyage. C’est très intéressant de voir les différences culturelles à ce sujet. Mais ce n’est pas la première fois que j’entends ça en fait : Nouvelle Zélande, Australie ou Etats Unis, l’amitié ne semble pas refléter la même chose chez eux que chez nous, en France ou en Europe même.

J’ai l’impression que chez nous, l’amitié est bien plus forte et plus solide qu’ailleurs. Mais je peux me tromper. Je n’ai pas la science infuse. Et toi, si tu as déjà voyagé, quel est ton avis sur la question ?

Non vraiment, c’est un sujet sur lequel les discussions sont passionnantes je trouve.

Mais je m’égare ! Ahah ! Je disais quoi d’ailleurs déjà avant ça… ? 🙂

Ah oui ! Faire du bénévolat pour aller à la rencontre des locaux. Oh putain, j’ai dévié. Donc oui, dans cet Ashram, pendant 2 semaines, j’ai vécu avec des Australiens : Jordy, Belinda, Lisa, et Katryn. Et j’en ai cotoyé d’autres.

Uwer est Allemand, quant à Chinmaya, je ne sais pas du tout si elle est Australienne en fait. Eux 2 sont les « house managers » de l’Ashram, c’est leur maison à l’année. Ils sont aussi professeurs.

Et puis il y avait aussi comme autres volontaires Andrea (merde, je sais plus si c’est Chili ou Argentine…), Lavigna (Allemande), Ying (Singapourien vivant au Canada), puis est arrivé quelques jours avant mon départ Rémi (Français), qui avait déjà été volontaire quelques mois auparavant.

Dans cet Ashram, il y avait quelques règles à respecter. Comme dans tous les Ashrams en fait. Mais quelles sont-elles me demanderas tu ? Et bien les voici :

  • De la viande et du poisson tu ne mangeras pas (ça va, c’était pas trop difficile pour moi)
  • Des cigarettes, tu ne fumeras point
  • De l’alcool, de boire tu t’abstiendras
  • De fermer ta gueuleDe faire silence, de 21h à 7h30 tu feras
  • Tes repas, aux horaires indiquées, tu prendras : 7h30/8h30 petit déjeuner, 12h30/13h30 déjeuner, 17h30/18h30 (oui oui, 17h30, tu n’hallucines pas ! Je n’ai jamais dîner aussi tôt de ma vie…)
  • Ta prière avant de manger, à chaque fois tu réciteras (ça aussi c’était comique, on y arrivait pas avec la prononciation)

J’ai souvent cuisiné là-bas, car cela faisait partie de mes tâches à faire en journée. Mais bon il y a une différence entre faire des crêpes et cuisiner. Ça a donc été un nouveau challenge pour moi de préparer à manger parfois pour 10 personnes avec ce qu’il y avait dans les frigos et placards. Je m’en suis plutôt bien tirée au final, et j’ai aimé ça.

J’ai aussi fait de la soupe pour la première fois de ma vie…. Non, ne me regarde pas comme une alien, je te jure que je n’en avais jamais fait jusqu’à présent… Dingue non ? C’est tellement simple à faire…

Et puis, comme c’est souvent ce qu’il se passe lorsque je dis aux gens que je suis crêpière, enfin tout du moins quand ils finissent par comprendre ce que je fais vraiment, car avec mon accent quand je leur dit « I’m a crepes maker », ils ont plutôt tendance à comprendre « I’m a craps maker » (crap=merde, tu le vois le côté comique maintenant…), on m’a demandé si je pourrai leur en faire.

Mais avec plaisir que je pourrai vous en faire ! Mais bon, pour rajouter une petite difficulté, je ne peux pas utiliser d’oeufs bien sûr…

Ah bah oui, parce que j’avais oublié de te dire que parmi la nourriture interdite à l’Ashram, les œufs en font partie. Tout comme les oignons, les échalotes et les champignons… Dû au fait qu’ils produisent quelque chose dans notre corps qui n’est pas propice pour la méditation, pour rester concentrer en tout cas. Un truc dans le genre.

J’ai donc fait des crêpes sans œufs et vegan tant qu’à faire car l’une des résidentes ne mangent pas de produits laitiers. Pour ajouter un petit peu plus de difficulté, il n’y avait carrément pas de poêle ! Ou en tout cas, je l’ai trouvé plusieurs jours plus tard… 🙂

Ça a été une vrai galère pour les faire ses crêpes putain! Ça collait, je me brûlais, elles étaient trop épaisses… Bref, l’horreur quoi !

C’est là que j’ai regretté le cadeau de mes collègues pour mon anniversaire l’année dernière. Ils m’avaient offert une carte cadeau pour que j’aille chercher moi même ma poêle pour aller faire des crêpes chez les gens. J’ai adoré l’idée bien entendu ! Mais le temps a passé, j’ai eu le temps de réfléchir (et donc de me dire que voyager avec une poêle dans mon sac à dos n’allait pas être simple), et l’hiver est arrivé, et j’ai eu besoin d’une veste… lol

Mais ils ont tous apprécié ces crêpes, et au final c’est tout ce qui compte. (J’espère bien putain, après le mal que je me suis donnée !)

J’ai adoré vivre là-bas, ça a été une expérience des plus enrichissantes, et aujourd’hui, j’essaie vraiment de continuer à pratiquer la méditation, parce que ça m’aide beaucoup!

C’était la première fois depuis bien longtemps que je refaisais des crêpes à domicile. Et c’était plutôt cool je dois avouer (malgré les brûlures 😉 )!

J’ai adoré aussi Fremantle! Cette petite ville est super sympa, et je m’y suis sentie super bien. Franchement j’y serai bien restée plus longtemps. Il y a quelque chose avec cette ville, je sais pas, c’est l’atmosphère qui y règne sans doute…

Je te dis à tout bientôt.

Allez bisous!

#lescrepescestlavie 🙂

Carnet de route

DE LA DIFFICULTÉ D’ASSUMER SES CHOIX EN VOYAGE

Salut lecteur/lectrice de mon coeur! Aujourd’hui, on va parler plus sérieusement. Attention, non pas que les crêpes ne soient pas une affaire sérieuse (surtout pour les Bretons), qu’on s’entende bien. Mais aujourd’hui, je compte rentrer dans des détails un peu plus personnels.

J’ai déjà créé un blog lors de mon premier voyage, basé avant tout sur mes ressentis lors de ma toute première fois à l’autre bout du monde. Ce nouveau blog, comme tu le sais, je l’ai voulu différent, avec une idée sympathique, celle d’aller faire des crêpes un peu partout, et de te raconter cela au travers de mes écrits. J’aime aussi écrire (en plus de faire des crêpes), et je souhaite inscrire l’écriture dans mon parcours professionnel. Des projets, j’en ai, ce n’est pas ce qui me manque aujourd’hui. Ce qui me manque toujours un peu en revanche, c’est encore une fois de foncer, de me jeter à l’eau, de mener à fond et à bien mes projets. Mais j’y travaille, et j’y vais étape par étape!

Ce post sera personnel, dans le sens où je ne vais pas que te parler de mon voyage, des choses que je fais où des crêpes que je prépare. Non, ce post est à propos des choix et de la difficulté parfois de les assumer. Pour ma part, faire des choix a toujours été difficile. Aujourd’hui, j’en fais plus rapidement qu’avant je dois dire, mais cela ne s’est pas fait sans un long travail d’introspection.

J’ai commencé à découvrir les blogs de voyage il y a 4 ans, lorsque j’étais en pleine préparation pour mon futur voyage en Nouvelle Zélande. Beaucoup m’ont aidé, m’ont apporté des réponses, m’ont donné le coup de boost dont j’avais besoin pour me dire que je pouvais moi aussi le faire!! Aujourd’hui, je suis une vraie backpackeuse (« vraie » cette fois, parce que la 1ère fois, j’avais une énOOORRRme valise bien trop lourde!!), avec mon sac à dos (que j’aime autant que je hais parfois!!), bougeant au Japon (et bientôt ailleurs) d’un endroit à un autre assez aléatoirement je dois dire. Je voudrai aujourd’hui parler ici du voyage comme d’un choix, et non comme beaucoup parfois le pense, d’une chance.

La chance, c’est quand tu joues à un jeu et que tu gagnes un voyage pour 2 en Nouvelle Calédonie. Ça, c’est un putain de coup de chance! Un choix, c’est une décision prise délibérément en connaissance de cause. Je ne suis pas là où je suis par un coup de chance. Néanmoins, je suis d’accord avec le fait que l’on puisse me dire que j’ai de la chance d’avoir pu faire le choix de voyager. Comme quoi, les 2 ne sont pas incompatibles et que tout est dans la subtilité des mots choisis finalement ;-).

Je ne vais pas te mentir, bien sûr que voyager est d’une grande richesse, que c’est un choix que tu ne regretteras (sans doute) pas, que cela sera génial, que tu rencontreras de nouvelles cultures, feras de nouvelles rencontres, vivras des expériences incroyables, que tu puiseras en toi des ressources que tu ne connaissais pas, que tu apprendras à te connaitre davantage, que tu vas sortir hors de ta zone de confort et que cela sera une sacrée aventure, durant laquelle tu vivras intensément les choses, et où la vie sera ta meilleure enseignante. Oui, je pense que le voyage est une école, l’école de la vie, et qu’il y a plein de belles et de moins belles découvertes à faire, que cela soit sur soi même, sur les autres ou sur la vie en général.

J’ai fait le choix de repartir en voyage, loin des miens, loin de mes ami(e)s, car:

  • Bah d’une part, une fois que tu commences à voyager, et bah tu chopes le virus tout simplement! Je ne me rappelle pas avoir rencontré un voyageur qui un jour ait pu me dire: « mouais, voyager? bof en fait »… Je crois que la règle est la même pour tous. Mais bon, je peux me tromper. J’ai pas la science infuse non plus!
  • Parce que j’avais besoin de vivre des choses par et pour moi-même en sortant de ma zone de confort, en me « challengeant ».
  • Et, le point le plus important sans doute, c’est tout simplement que j’en rêvais putain! Prendre mon sac à dos (cette fois) et partir découvrir le monde (une partie en tout cas). J’ai « envié » pendant longtemps tous ces voyageurs en mode backpackers dont je lisais les récits (mais bon, parait qu’on a pas une super réputation…). Donc cette fois, c’était mon tour! Ça devait l’être avant de regretter ne pas l’avoir fait! Et surtout, j’ai eu l’impression fin 2014 en rentrant de mon 1er voyage à l’étranger, de m’être arrêtée alors que je commençais tout juste.

C’est là où tu te dis sans doute, « Bah, alors, qu’est ce qu’elle m’emmerde putain!? Elle vit un truc de ouf, réalise son rêve, alors je ne vois vraiment pas où elle veut en venir, sauf si ce n’est me narguer peut être?! ». Et tu as raison. Mais non! Pas sur le fait que je veuille te narguer bien sur!! 🙂 Je réalise un rêve et c’est une grande satisfaction personnelle, c’est clair. Néanmoins, je ne vis pas tous les jours un rêve éveillé, il faut que tu en sois conscient(e). Et tu dois le savoir, faire des choix revient aussi à les assumer! Et c’est là que je veux en venir. Tout n’est pas tout blanc ou tout noir dans la vie. Un jour, dans la boutique où je bossais il y a quelques années, une maman a dit en parlant à sa fille qui n’arrivait pas à se décider entre 2 articles, « choisir, c’est renoncer« . Vu dans ce contexte, cela a un côté complètement superficiel, je te l’accorde! :-). Néanmoins, cette affirmation d’André Gide est toujours d’actualité et on pourrait passer une soirée à philosopher dessus selon moi. Mais laisse moi t’expliquer…

Assumer mon choix de voyage, c’est assumer d’être loin de ma famille, de ne pas voir grandir mon neveu et mes filleules (dont ma nièce), de ne pas être présente dans des moments importants et/ou difficiles de leur vie à tous, d’avoir parfois l’impression d’être complètement à part, et de rater des choses.

C’est aussi assumer le fait d’être seule et de n’avoir personne à qui parler où me confier dans les coups durs, comme cela l’a été à l’hôpital à Kobe. C’est d’être confrontée à moi même en cas de problèmes, et de ne pas pouvoir compter sur le soutien de qui que ce soit.

C’est assumer parfois d’être envahie de doutes et de questions sur le fait de voyager. Je pense que voyager à 20 ans et voyager à 30 ans, n’est pas la même chose (en ce qui me concerne en tout cas, je sais que ma réalité, ne sera pas la réalité d’un(e) autre).

C’est assumer de ne pas avoir de réel chez soi, et d’avoir une vie de nomade, qui même si elle est excitante et chouette, peut aussi être fatigante.

C’est assumer de ne plus avoir autant de contacts réguliers avec mes ami(e)s.

Assumer mon choix de voyage, c’est aussi et tout simplement accepter que la vie continue sans moi pour eux tous, et de ne plus trop réussir à trouver ma place à mon retour (si retour il y a bien entendu) dans un quotidien qui n’aura plus été le mien pendant un moment. Et je parle bien entendu par expérience.

Ce voyage me transformera à nouveau, et le retour dans « ma zone de confort » ne se fera certainement pas sans mal. D’ailleurs, je n’en voudrai sans doute plus de cette « zone de confort ». Ce voyage, ce n’est pas une soi-disant « parenthèse » dans ma vie… C’est ma vie, purement, et simplement. Et la vie, tu le sais, est loin d’être un long fleuve tranquille, que ce soit en France, ou à l’étranger. Je t’éviterai les longs discours sur la société dans laquelle on vit, sur les « moules » dans lesquels on essaie de nous faire rentrer, et en quoi le voyage peut-être une formidable expérience de vie qui te bouleversera profondément et te fera changer ta vision du monde et de la vie en général. Il y a déjà pleins d’autres blogueurs qui le font parfaitement pour moi. Faire un choix, prendre une décision, c’est dire oui à quelque chose, et dire non à une autre. Et parfois, ce peut être difficile. D’où la difficulté d’assumer ses choix… Ce post ne se veut pas pessimiste, mais réaliste. Une réalité qui me rattrape depuis quelques mois.

Assumer mes choix, c’est accepter (saches que je ne parle qu’en mon nom) de me sentir parfois déchirée entre différentes possibilités, et de me demander parfois si j’ai fait le « bon » choix.

New York

Au bout du compte, j’en ressortirai grandie, et j’aurai la satisfaction d’avoir réalisé des choses qui me tenait à coeur, et c’est je crois, le plus important…

Je terminerai sur cette citation du livre « Le moine qui vendit sa ferrari »  (oui, les bouquins de développement personnel, je connais bien 🙂 ):

« Il n’y a pas d’erreur dans la vie, il n’y a que des leçons. Il n’existe pas d’expérience négative, il n’y a que des occasions de mûrir, d’apprendre et d’avancer le long de la voie de la maîtrise de soi. La force vient de la lutte. Même la douleur peut être une enseignante. »

Robin S. Sharma

Bien à toi cher(e) lecteur/lectrice. Tchuss!!